26 août 1785 : Joseph Paris de l’Epinard, premier monte en l’air lillois ! - R. Cuvelier 45

Il y a plus de deux siècles, le 26 août 1785, Jean-Pierre Blanchard, fameux aéronaute qui, quelques mois plus tôt, le 7 janvier, avait traversé le détroit du PasdeCalais nen ballon, partait de l’Esplanade de Lille pour un vol de 7 heures qui devait le mener jusqu’à Servons.

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Il n’était pas seul. Le Lillois d’adoption Joseph Paris de l’Epinard – le chevalier de l’Epinard – l’accompagnait. Et le peintre Louis Watteau immortalisa l’événement par un tableau exposé au musée Comtesse. Volà qui ne pouvait qu’inspirer ce doux rêveur qu’est notre dessinateur Roland Cuvelier, qui a croqué l’événement à son tour en plantant le décor : ainsi trouve-t'on de gauche à droite sur son dessin, l’église Sainte Catherine, la seule rescapée ; Saint Pierre et puis Saint Etienne, endommagée par les boulets autrichiens lors du siège de 1792 et démolie ensuite.

Au passage, l’artiste, qui ne plane pas toujours, en a profité pour rétablir ce qui constitue à ses yeux une vérité historique. En effet, sur le tableau exposé au musée Comtesse, un drapeau tricolore flotte sur la nacelle, la République n’ayant été proclamée qu’en 1792, il est probable, selon lui, qu’il s’agisse d’un ajout apocryphe teinté de remords patriotique. Pour sa part, il s’en est tenu aux fleurs de lys. Un journaliste dans le vent… Le premier Lillois – d’adoption – à s’élever dans les airs à bord d’une montgolfière fut donc Joseph Paris de l’Epinard, dont la ville a fait un géant dans les années (19)70. Ce “ chevalier ” de l’Epinard a lui-même commenté son exploit en ces termes : “ l’aérostation étant devenue une maladie presque épidémique, comme amateurs des arts, je souhaitais ardemment que Lille jouisse d’un spectacle si imposant. Je convins, avec Pilâtre de Rozier qu’il viendrait dans cette ville à son retour d’Angleterre. La chute connue de ce nouvel Icare fit avorter mon projet (1). Je tâchai de prendre ma revanche en m’adressant à Blanchard que je savais être en Hollande et auquel j’écrivis. Cet artiste si digne de sa renommée se rendit donc à Lille à mon invitation. Jamais l’aérostation ne s’était montrée avec tant d’éclat. Je m’embarquai avec cet autre Dédale et durant sept heures nous voguâmes dans les airs. Nous parcourûmes l’espace de cent trente trois lieues ”. Là, il exagère un peu Paris de l’Epinard. En fait, il a parcouru seulement soixante trois lieues pour atterrir à Servons-en-Clermontois, un peu au nord de Sainte-Menehould. Il était, parait-il, coutumier de ce genre d’exagération. Ainsi, ses lettres de noblesse étaient pure fabulation (il s’appelait de son vrai nom Joseph Paris) bien qu’il prétendît les avoir acquises grâce à ses exploits aux côtés de La Fayette, lors de la guerre d’indépendance des Etats Unis. Il faut dire qu’il devait aimer les titres : il fut notamment connu à Lille comme rédacteur en chef (et unique) d’un quotidien appelé “ la Feuille des Flandres ”.

(1) J.F. Pilâtre de Rozier, qui avait réussi une grande “ première ” aérostatique au dessus de Paris le 21 novembre 1783, était mort dans un accident d’aérostat le 14 juin 1785 à Wimille, près de Boulogne, lors d’une tentative de traversée du détroit en aéromontgolfière, combinaison de montgolfière et de ballon à hydrogène.



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